incipit :
"À seize ans, en 1956, j’ai découvert Rimbaud.J’étais alors pensionnaire à Cranbrook, une école de garçons non loin de Detroit, où l’extinction des feux avait lieu à vingt-deux heures. Mais je me glissais hors de ma chambre et gagnais les toilettes, qu’un plafonnier éclairait chichement, pour m’y asseoir si longtemps que mes jambes finissaient par s’engourdir. Je lisais et relisais les poèmes de Rimbaud. Porté par le délire sensuel du Bateau ivre, j’appareillais en rêve pour des contrées exotiques.« Jeune gay mal dans ma peau, suffoqué par l’ennui et la frustration sexuelle, paralysé par la haine de soi, je brûlais de m’enfuir à New York pour m’y imposer en tant qu’écrivain.Je m’identifiais totalement aux désirs de Rimbaud d’être libre, d’être publié, d’avoir une vie sexuelle et de gagner Paris. Il ne me manquait que son courage. Et son génie. Je voulais moi aussi entrer en contact avec des auteurs plus âgés pour qu’ils me tendent une main bienveillante à la façon dont Verlaine avait accueilli Rimbaud. Je voulais moi aussi échapper à l’ennui de mon univers petit-bourgeois pour me livrer à la bohème.”
Mon avis :
Edmund White réalise ici un ouvrage de commande, plus “fiche de lecture” que véritable bio et plus orienté sur la rencontre Rimbaud/Verlaine et l’aspect gay de cette dernière que sur la volonté de définir l’oeuvre du génie.
Un livre destiné à un public plutôt novice et gay, genre étudiant américain.
Un aspect intéressant tout de même : White ne fait aucune concession, Rimbaud est mis à nu dans ses contradictions comme dans ses attitudes mlsanthropiques. C’est aussi une vision “américaine”, plus portée sur les faits que sur le mythe, plus prosaïque donc.
Possible que cela irrite les rimbaldiens inconditionnels..
Mais on pardonnera à Edmund White ce côté “rustique” : il reste un grand romancier  gay, un amoureux de la littérature française (des écrivains gay comme Genet ou Proust).
A lire pour entretenir la flamme rimbaldienne, cette lueur d’étoile au doux frou-frou.

incipit :

"À seize ans, en 1956, j’ai découvert Rimbaud.
J’étais alors pensionnaire à Cranbrook, une école de garçons non loin de Detroit, où l’extinction des feux avait lieu à vingt-deux heures. Mais je me glissais hors de ma chambre et gagnais les toilettes, qu’un plafonnier éclairait chichement, pour m’y asseoir si longtemps que mes jambes finissaient par s’engourdir. Je lisais et relisais les poèmes de Rimbaud. Porté par le délire sensuel du Bateau ivre, j’appareillais en rêve pour des contrées exotiques.« Jeune gay mal dans ma peau, suffoqué par l’ennui et la frustration sexuelle, paralysé par la haine de soi, je brûlais de m’enfuir à New York pour m’y imposer en tant qu’écrivain.
Je m’identifiais totalement aux désirs de Rimbaud d’être libre, d’être publié, d’avoir une vie sexuelle et de gagner Paris. Il ne me manquait que son courage. Et son génie. Je voulais moi aussi entrer en contact avec des auteurs plus âgés pour qu’ils me tendent une main bienveillante à la façon dont Verlaine avait accueilli Rimbaud. Je voulais moi aussi échapper à l’ennui de mon univers petit-bourgeois pour me livrer à la bohème.”

Mon avis :

Edmund White réalise ici un ouvrage de commande, plus “fiche de lecture” que véritable bio et plus orienté sur la rencontre Rimbaud/Verlaine et l’aspect gay de cette dernière que sur la volonté de définir l’oeuvre du génie.

Un livre destiné à un public plutôt novice et gay, genre étudiant américain.

Un aspect intéressant tout de même : White ne fait aucune concession, Rimbaud est mis à nu dans ses contradictions comme dans ses attitudes mlsanthropiques. C’est aussi une vision “américaine”, plus portée sur les faits que sur le mythe, plus prosaïque donc.

Possible que cela irrite les rimbaldiens inconditionnels..

Mais on pardonnera à Edmund White ce côté “rustique” : il reste un grand romancier  gay, un amoureux de la littérature française (des écrivains gay comme Genet ou Proust).

A lire pour entretenir la flamme rimbaldienne, cette lueur d’étoile au doux frou-frou.

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